Le Parc Naturel Régional du Pilat…


…Ou comment se croire à la montagne (et dans le désert aussi)

Jeudi 19 avril 2018

En cette journée particulièrement ensoleillée, nous avions décidé de profiter de la venue de ma sœur pour partir en excursion dans le Pilat (ne pas confondre avec les dunes, pas pareil). A environ 1h30 de chez nous, il est très facile de s’y rendre pour la journée. Nous y avions déjà mis les pieds à deux reprises. La première fois en 2016, sur un coup de tête en plein milieu de l’après-midi. Nous étions partis visiter Sainte-Croix-en-Jarez, reconnu comme l’un des plus beaux villages de France. La deuxième fois, c’était en 2017, pour une escapade un peu plus organisée sur le versant du Giers. Nous avions commencé par un passage à la Valla-en-Giers, un autre petit village très mignon mais un peu fantôme. On avait enchaîné avec une balade magnifique jusqu’au saut du Giers et terminé par une mini rando sur les Crêts du Pilat pour un panorama savoureux.

Nous avions tellement apprécié cette promenade sur les Crêts que nous voulions absolument y retourner. Cependant, je ne voulais pas refaire exactement le même parcours que la dernière fois. Ce coup-ci, j’avais prévu de passer part le Piedmont rhodanien que nous n’avions qu’aperçu à notre première balade. Comme j’aime bien rentabiliser nos petites journées d’excursion, j’avais dressé notre itinéraire à partir de deux petits villages que j’avais repéré. Le Pilat regorge de petites bourgades qui ont gardé leur cachet d’époque et il est dommage de passer à côté sans s’y arrêter.

Et c’est parti, on file de notre chez nous vers 11h. Il fait beau, il fait chaud. On roule les fenêtres ouvertes avec la musique qui va bien. On a l’impression d’être en vacances d’été. Sur la route, on traverse la très jolie ville de Vienne, qu’on s’est promis d’aller visiter prochainement. Le printemps est bien là, les odeurs ont éclos. On se laisse bercer par l’air juste parfait ; la Saône nous accompagne. Pur instant de bien-être.


Malleval

12h30 : on grimpe sur les hauteurs de Malleval, petit village médiéval, petit village étroit. Tellement étroit qu’on ne peut passer qu’à une seule voiture à la fois. Aurélien, le mec qui conduit et qui se tape la route galère pendant que sa nana profite bien tranquilou du paysage, se demande où est-ce que j’ai encore bien pu nous emmener. T’inquièèèèèète… Bon, c’est vrai que pour y aller, c’est costaud. Mais comme d’habitude : une fois en haut, c’est beau. Et déjà là, la grimpette est chouette. La vision est presque surréaliste. Le village nous apparaît d’abord en surplomb, ses petites maisons en pierre et ses ruines médiévales émergeant de la végétation des monts environnants. Malleval semble perdue au milieu de nulle part, très loin du sol, inatteignable.

Mais on y parvient quand même, et sans encombre. On trouve un parking proche d’un petit cours d’eau. Merci la campagne. Aurélien et ma sœur se posent pour manger tandis que je m’attèle à trouver un endroit où je pourrai faire pipi en paix. On ne va pas tergiverser : y’en n’a pas. Où que j’aille, je vois des volets ouverts d’où mon derrière accroupi pourrait être potentiellement en pleine ligne de mire. Même si les gens ne s’arrêtent pas forcément regarder le paysage à leur fenêtre, un fessier passe rarement inaperçu. Disons que ça peut légèrement attirer le regard. Etant donné que je vais mourir si je n’évacue pas ma vessie sur le champ, je décide de quand même y aller. Je me place dans le recoin le moins à découvert que je peux trouver, et c’est parti pour une minute d’exhibition au milieu des orties, des toiles d’araignée et des bourdons. Merci la campagne.

Après ce gracieux instant où je ne saurai jamais si mon derrière est passé ou non inaperçu, je me pose pour enfourner mon sandwich au bord du petit cours d’eau. Alerte écrevisse : je déverse sur ma peau le tube de crème solaire. Ma sœur fait de même. Même peau, même combat. Derniers petits réglages d’appareil photo et go !

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Malleval, c’est une ancienne cité médiévale, mais il ne reste que peu d’empreintes de cette époque. La majorité des édifices sont essentiellement datés entre les XIVe et XVIIe siècles et témoignent plutôt de la Renaissance. En plus du charme de ses maisons et de ses petites ruelles qui ne semblent faire qu’une, le village, de par son emplacement, offre à plusieurs reprises de superbes points de vue sur la vallée en contrebas.

Bon, par contre, on se demande quand même comment les gens font pour vivre ici. C’est tout sauf pratique…

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Pélussin

On enchaîne par la visite d’un second village, différent mais tout aussi charmant : Pélussin. Sa particularité : son château médiéval et sa tour de guet, tout droit sortis d’un conte de fée. La Belle au Bois dormant ou autre princesse du genre.

Entièrement conquis et sous le charme de ce décor digne d’un roman de littérature courtoise, on tombe soudainement nez à nez avec un épouvantail particulièrement réussi. « Belle au bois dormant » out, « Etrange Noël de Monsieur Jack » in.

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On se demande s’il n’est pas là pour éloigner les touristes en fait

Malheureusement, le château n’est pas ouvert à la visite. Pélussin – c’est moi ou même le nom fait conte de fée moyenâgeux ? – est une ville antique, riche en patrimoine et située, en prime, en plein cœur de la campagne vallonnée du Pilat. A visiter absolument !

Et on repart pour la suite de notre circuit. Cette fois, direction les crêts, le cœur et le sommet du Pilat.

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Les Crêts

On traverse une partie du Piémont rhodanien, beaucoup moins abrupte que le versant du Giers qui lui est opposé, de l’autre côté des Crêts. Ici, on sent une vie douce et paisible au milieu des bocages et prairies, à l’écart de l’urbanisation tumultueuse.

On roule un bon quart d’heure avant de commencer à grimper et à serpenter jusqu’au sommet du Pilat. Le paysage devient de plus en plus rocheux. On a l’impression d’être à la montagne. Nous ne résistons pas à un premier arrêt sur la route, au belvédère de la Faucharat. Même si on n’est pas au point de vue le plus élevé, l’avantage, c’est qu’il n’y a personne. Et le paysage est déjà incroyable : un panorama à perte de vue, le pic des Trois dents au premier plan, le piémont rhodanien qui s’étend à nos pieds et en toile de fond, la chaîne des Alpes, que l’on pourrait presque confondre avec les nuages. Wahou !

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On continue notre ascension jusqu’au Crêt de l’Oeillon. La vue est plus large et la diversité des paysages du Pilat se révèle un peu plus encore : entrelacs de monts d’un côté, plaines et prairies étendues de l’autre, forêts de résineux, petits villages, pâturages… On aperçoit Lyon – qui nous apparaît alors minuscule – et les Alpes, toujours visibles, formant comme une barrière à l’horizon. Le crêt sert visiblement de base de décollage pour les parapentes : on en voit des dizaines tout proches de nous.

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Le panorama est superbe, mais il ne valait pas celui qu’on avait vu en 2017. Du coup, on redescend et c’est reparti pour un petit tour de voiture jusqu’au Crêt de la Perdrix. Nous étions littéralement tombés amoureux devant cet endroit au côté prairie sèche et sauvage. La dernière fois, le lieu était colonisé par les vaches, les plus belles que je n’avais jamais vu de ma vie . Grosse déception : cette fois elles avaient toutes déserté…

Malgré tout, ça ne nous a pas empêché de retrouver l’ambiance si particulière qu’on avait tant apprécié. On pourrait parler de paysage semi-aride, comme si d’un coup on se retrouvait dans une sorte de désert au sommet d’une montagne. Il s’agit en fait d’une lande où le sol est pauvre et la végétation sèche. On retrouve les conifères mais la couleur de leur feuillage est beaucoup moins marquée. Sur les petits sentiers, l’herbe est mousseuse, comme de la moquette. A chaque pas, on a la très agréable sensation de s’y enfoncer légèrement. En dehors du sentier, des tapis de fleurs desséchées recouvrent le sol d’une étrange couleur brune et vient contraster nettement avec l’herbe jaunie. Du bois mort jonche le sol, les arbres sont nus. A l’approche du crêt, l’environnement devient de plus en plus rocheux. A tel point que l’on est obligé de grimper sur d’énormes caillasses pour atteindre le sommet. Ces grosses pierres sont assez caractéristiques du Pilat – les chirats, comme on les appelle localement. On en avait escaladé au saut du Giers et ils étaient aussi présents au Crêt de l’Oeillon.

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Une fois tout en faut, nous voilà à 1431 mètres d’altitude, sur le point culminant du Parc Naturel. Le soleil est toujours au rendez-vous, le ciel est parfaitement dégagé et le 360° se dévoile pleinement sous nos yeux. Contrairement à la dernière fois où le lieu était blindé de touristes, aujourd’hui il n’y a que nous trois et un cycliste qui se fait dorer la pilule. Parfait pour un instant de calme et de sérénité sur les toits du Pilat.

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Après un petit quart d’heure sur les hauteurs, on redescend la pente et on rejoint la voiture. J’annonce à haute voix que j’ai envie d’une glace, du coup tout le monde a envie d’une glace. On se rappelle en avoir mangé une la dernière fois que nous étions venus dans le coin, sur une terrasse avec vue en contrebas sur la vallée. On ne rêve que d’une chose : retrouver cet endroit. Sauf que pas moyen de se rappeler où c’était. On s’arrête à un petit chalet qui annonce « Crêpes, gaufres, glaces » mais comme c’est le premier jour de beau temps de la saison, ils ne les ont pas encore sorties. Tristesse. On rentre en espérant croiser un glacier sur notre route, mais on se fait à l’idée que nous sommes au mois d’avril et que les crêpes et les chocolats chaud sont encore au premier plan sur les menus.

Une douce journée ensoleillée dans le Pilat, on vous recommande. Mais plutôt au mois de juin, quand vous serez sûrs et certains d’avoir cette glace.

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