Aller se perdre en plein hiver dans… LE MORVAN


…Ou comment se geler les miches pour aller sculpter des parties génitales dans la neige.

En plein cœur du mois de février, après une belle chute de neige, nous sommes partis avec ma belle-sœur et son copain pour une balade sur les routes du Morvan afin d’admirer les paysages blancs. Mais cette poétique excursion s’est rapidement transformée en une véritable histoire de glandus. 
Récit.


Samedi 10 février 2018

Après 15 minutes de voiture, nous débarquons à Lormes, charmant petit village qui culmine à environ 500 mètres d’altitude.

Ma belle-sœur, Auriane, qui connaît bien les lieux, nous conduit sur des routes (que dis-je ! des chemins) minuscules en passant par des virages oh combien serrés. Mais ça en vaut la peine. Déjà parce que le Morvan sous la neige c’est un peu incroyable. Et puis, à la fin du périple, c’est un point de vue à couper le souffle qui nous attend. Panorama fabuleux : check.

P_20180210_151815P_20180210_152232

Le paysage qui s’étend en-dessous de nous est entièrement recouvert de neige, c’est irrésistiblement beau.

Le problème, c’est que nous faisons partie de ces gens qui, à la vue d’un peu de neige, ont une nette tendance à rétrograder très rapidement à l’âge de la maternelle. Auriane se lance donc dans la conception d’un bonhomme de neige, tandis que les deux gars s’amusent à courir dans tous les sens et à lancer moult pelotes de neige dans les airs.
Organismes surexcités par de la poudre amassée…

P_20180210_152533

Je regarde Auriane construire son bonhomme et je me rappelle soudain une image que j’avais vue plus tôt sur le net. Du côté du Mans, des gens avaient sculpté un gigantesque phallus (et ce qui va avec), au bord d’une route. Instantanément, le déclic s’opère chez les deux gars : ils vont faire pareil bien sûr ! Ni l’un ni l’autre ne possède de gants, mais c’est pour la bonne cause. Et puis franchement, je vous le dis : que valent deux paires de mains bleuies et douloureusement transies par la glace contre la promesse d’une sculpture aussi incroyable ? Une fois son bonhomme terminé, ma belle-sœur rejoint la joyeuse troupe et moi, je prends le tout en photo.

P_20180210_152551
Phase n° 1 : Inspection des lieux avant chantier. Aurélien supervise les travaux.
P_20180210_153044
Phase n° 2 : construction de ce qui servira de base à la sculpture
P_20180210_154749
Phase n°3 : Elévation de l’oeuvre d’art
P_20180210_155144_BF
Phase n°4 : la photo de famille.

Leur sculpture est plutôt réussie (avec, de surcroît, un remarquable souci du détail) et trône tel un totem sacré sur son piédestal (en vérité, il s’agit de la table d’orientation qu’un petit groupe de personnes était en train de consulter quelques minutes auparavant.). Malheureusement, je me devais de flouter cette œuvre magistrale car croyez-moi, vous ne seriez pas préparés à observer pareille splendeur hivernale. Son éclat fulgurant vous terrasserait d’un seul coup d’œil.

Ok, je l’avoue, en maternelle on n’érige pas de sculptures aussi raffinées. Là, il fallait admettre qu’il y avait quelque chose de quasi mystique avec les doux rayons de lumière qui transpercent les nuages en arrière-plan. Un divin tableau :

P_20180210_155404

P_20180210_155413
La photo du parfait glandu

Nous prenons le temps d’immortaliser notre œuvre éphémère, notamment par une prise en 360° depuis la voiture, avant de repartir.

Sinon, le paysage était magnifique.

P_20180210_152835P_20180210_154316P_20180210_154412

lignesc3a9paratrice

Le saut de Gouloux

On chemine durant 20 à 30 minutes supplémentaires sur les sinueuses routes morvandelles (admirez au passage la douceur de ce nom) pour aller voir le saut de Gouloux.

Après s’être garés, on emprunte le sentier pour aller jusqu’à la cascade. Nous sommes seuls au monde (l’un des grands avantages de la Bourgogne, surtout en plein hiver). Nous traversons un joli petit pont au-dessus du cours d’eau pour arriver ensuite à une intersection. Deux solutions : soit on prend le chemin le plus court qui mène directement à la cascade, soit le chemin plus long qui permet, selon les indications du panneau, de profiter d’un panorama. Nous, on est des aventuriers, donc en toute logique on prend le chemin le plus long. Sauf qu’il faut grimper et que par temps de neige, ce n’est vraiment pas l’idée la plus géniale, ni la plus sécurisée du monde. A tour de rôle, on frôle la glissade mémorable. Heureusement (ou malheureusement), on ne rapportera aucune vidéo gag.

P_20180210_164356_SRESP_20180210_164602_SRESP_20180210_164707_SRES

On arrive au panorama pour constater qu’en fait, on ne voit strictement rien. La vue est entièrement obstruée par les arbres, alors qu’on est en hiver et qu’ils n’ont plus de feuilles (l’été ça se passe comment du coup ?). On aperçoit juste, très vaguement, le clocher de je ne sais plus quelle ville (peut-être Gouloux sait-on jamais). Le sentier continue et on déboule enfin sur la cascade.

L’endroit est magique, particulièrement photogénique en cette période. Les branches des arbres qui se trouvent juste au-dessus de la cascade ont gelées et forment à présent de petites stalactites. Le bruit de l’eau qui s’écoule calme immédiatement nos âmes tantôt enfiévrée par les sculptures raffinées et les randonnées glissantes.
Paysage onirique. Le silence s’impose, tout naturellement.
Nous sommes seuls au milieu de cette étendue glacée, encore vierge de toute empreinte laissée par l’homme en cette saison.

P_20180210_170906P_20180210_171416P_20180210_170623P_20180210_171352P_20180210_172516_SRES

Nous poursuivons notre route jusqu’à terminer la boucle du sentier. Nous avions repéré en arrivant que le restaurant près du parking faisait des crêpes. Du coup, on était foncièrement décidés à en manger une. Malheureusement, on tombe pile poil en pleine période de vacances. C’est fermé. Attristés par cette nouvelle, on ne se démonte pas pour autant et on repart avec la ferme intention de manger des crêpes le soir-même.

Sur le chemin du retour, en voiture, on tombe accessoirement sur un super coucher de soleil :

P_20180210_174528

lignesc3a9paratrice

Nous n’avons pas pu nous empêcher de repasser par le point de vue de Lormes pour voir si notre œuvre d’art est toujours intacte. En émergeant au sommet de la côte, elle se dévoile peu à peu, sa verge pointant vigoureusement en direction du ciel. Non seulement elle trône toujours fièrement sur la table d’orientation, mais en plus, on découvre avec surprise (et ravissement) une réplique miniature juste devant la notre (indiquée par le flèche rouge ci-dessous). Quelqu’un a compris toute la profondeur de notre sens artistique. Qui que vous soyez, nous vous remercions pour cette reconnaissance.

P_20180210_182536_NT

PS : Il s’avère que nous avons effectivement mangé des crêpes. Nous voulions les faire maison. Nous sommes donc allés acheter les ingrédients et avons préparé la pâte. Sauf que nous n’avions pas de poêle adaptée. 1h30 de cuisson pour 8 crêpes. VDG (Vie de Glandus).

279dd6f6-466a-4dfa-8056-7cb355fc1a19