Londres à Noël : le récit fantastique d’un séjour parfait (Partie 2)


Partie 2 : Londres, tu ne nous échapperas pas.

Je vous avais raconté dans la première partie de ce récit comment nous n’étions pas arrivés à Londres.

Maintenant, l’heure est au vrai départ.


Mardi 12 décembre 2017 :

L’ultime parcours…

…ou comment stresser en toute irrationalité.

3h30 : réveil. Stress intense de découvrir un nouvel SMS annonçant l’annulation de notre vol. Mais pour l’instant, rien.

4h15 : On part de l’hôtel et on se rend jusqu’à l’aéroport à pieds car à cette heure-ci, aucune navette ne circule, ni aucun autre moyen de transport. Heureusement, l’aéroport est à 10min. L’agent d’accueil, très sympathique (mais ici, il semble que ce soit la norme) nous indique le chemin à suivre. On sort : il fait froid, nuit, mais le vent est quasi inexistant. Malgré tout, je reste angoissée. La journée de la veille m’a ôté tout semblant de rationalité. Le fait qu’il n’y ait pas un chat dans les rues et que l’ambiance de ce quartier de Genève soit complètement glauque ne contribuent pas vraiment à me rassurer.

4h30 : on arrive à l’aéroport, sans s’être perdus. Chose rarissime pour nous et qui mérite donc d’être remarquée. Jusqu’au dernier moment je flippe : de loin, je vois des inscriptions rouges qui indiquent que des vols ont été annulés. Mon cœur se met à battre à 1000 à l’heure d’un coup pour redescendre la pente aussitôt en constatant qu’il s’agit des vols pour Amsterdam et Bruxelles, où Ana a posé bagage. On cherche où déposer le notre et cette fois, on ne se goure pas : on repère immédiatement la file orange d’easyJet pour le dépose-bagage (cette compagnie a au moins ce mérite : elle est identifiable à l’autre bout de l’aéroport ; seuls des glandus seraient en mesure de la louper). On laisse notre bagage en soute, libérés de toute angoisse et enfin capables, pour la première fois depuis le début de notre périple, d’apprécier pleinement un moment du voyage. Pour ne rien gâcher, le personnel est, encore une fois, hyper sympa. Le gars du dépose-bagage nous propose même de nous imprimer les vrais billets pour qu’on ait un souvenir, yeah man !

Ensuite, tout va très vite. On rejoue à nouveau le même scénario des contrôles de sécurité que la veille, mais cette fois pour de vrai. Tout se passe bien ; nouveau soulagement. On emprunte ensuite l’interminable parcours jusqu’aux portes d’embarquement. Je regarde à chaque panneau d’affichage des vols si le notre n’a pas été annulé entre temps (on ne sait jamais). On traverse un grand hall où l’on croise des urnes de la Croix-Rouge (l’association a été fondée à Genève), dans lesquelles se côtoient des billets venus des quatre coins de la Terre (francs suisses, euros, livres sterling, yens, dollars, des couronnes tchèques et d’autres inidentifiables…). Un autre contrôle de papiers (et un mec qui me demande sur le ton de l’humour si je suis tombée du lit. Moi, effectivement tombée du lit je réponds : « comment ? »).

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5h30, on est à la porte. Et on est les premiers. Nous avons maintenant une bonne heure d’attente mais on s’en fout. Après la journée de la veille, ce n’est pas une petite heure qui va nous traumatiser. Non, vraiment, on s’en fout : cette fois, on part. On s’assoit patiemment en attendant que les autres chaises se remplissent. Je lis, j’écoute de la musique, j’observe ce qu’il y a à observer : un mec qui boit son café, la femme de ménage, les gens qui déboulent un à un de l’escalator. On fait connaissance avec un mec qui était avec nous dans le bus pour Genève. Il nous apparaît ma foi bien sympathique. Ce mec tourne des publicités et habite à Londres. Il ne nous lâchera plus jusqu’à notre arrivée de l’autre côté de la Manche.

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Enfin, le décollage…

…ou comment nous avons rencontré un sympathique pourrisseur de premier vol.

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6h30 : embarquement. Je suis ultra excitée de prendre l’avion pour la première fois et n’arrive pas à croire que ça arrive vraiment. Pour cette première, je me contrôle, car le mec qui habite à Londres continue de nous parler tout au long du processus d’embarquement (j’avoue qu’il m’a un peu pourri mon groove. Du coup, je lui en veux un peu. Beaucoup.). Il nous raconte sa vie en Angleterre, son métier de réalisateur, et de plein d’autres choses dont je me fous complètement à ce moment précis et qui pourtant m’auraient particulièrement intéressée en temps normal. Je fais mine d’être passionnée par sa discussion mais intérieurement, mon attention est focalisée sur les moindres détails de ce qui se passe autour de moi : le dernier contrôle des billets, le passage dans la passerelle reliée à l’avion, l’entrée dans l’avion et les premières hôtesses de l’air que je vois de ma vie et que j’ai envie de prendre dans mes bras… On s’installe, Aurélien me laisse le hublot. Quand je nous pensais enfin tranquilles, le mec nous demande s’il peut s’assoir sur le troisième siège à côté de nous. Je réponds « Oui bien sûr ! » pour ne pas dire, « Non, là tu nous fous la paix ». Son débit de parole est infini et je commence à me demander si je pourrai réellement assister à mon premier décollage. Au bout d’un moment il nous avoue être un peu… « quel est le mot pour dire qu’on est un peu trop agité ? », demande t-il. Moi aussitôt : « Hyperactif ? » « Oui c’est ça ! Hyperactif ! ».

7h : on décolle, et malgré la présence de notre hyperactif, le moment est magique pour moi. L’avion avait jusqu’à présent toujours représenté une sorte de fantasme ; une chose que tout le monde semblait avoir pratiqué sauf moi. Alors évidemment lorsque tous les autres passagers semblent se foutre complètement de ce qu’il se passe à l’extérieur, les yeux clos ou rivés sur leur bouquin, journal, smartphone ou ordi, moi, c’est comme si j’étais à Disneyland, la tête constamment collée aux hublots et les yeux plein d’étoiles. Soudain, notre ami se lève et nous informe qu’il va aller se reposer un peu au fond de l’avion. Intérieurement je me dis « Yes ! Un peu de tranquillité ». Mais vers la fin du trajet, alors que je compte ne rien louper de la descente,  il revient s’assoir vers nous bien sagement. Et voilà qu’il se prend soudain l’intérêt de me questionner sur mon job en bibliothèque. Il ne se rend juste pas compte qu’il est en train de s’immiscer dans un moment intimement crucial de ma vie. Je réponds vite en tournant la tête régulièrement et frénétiquement sur ma droite mais je finis quand même par zapper une bonne partie de la descente. Définitivement, j’aurais dû lui dire que merde, c’était mon premier vol.

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Les premiers pas chez les Britanniques…

…ou comment balbutier des trucs en anglais et découvrir qu’on ne sait pas dire « chargeur ».

8h15 : Aéroport de Londres Gatwick. Premier pas en terre anglaise, à 7h15, heure locale. On entre dans l’aéroport. Il faut présenter à nouveau ses papiers, mais cette fois à une machine. Aurélien galère : la machine ne reconnaît pas son passeport. C’est alors que notre compagnon de voyage, toujours avec nous, pète soudainement un câble contre l’une des membres du personnel. « S’il vous plait ! Pourriez-vous aider mon ami ? Pourquoi ne l’aidez vous pas ? » La nana : « Excusez-moi monsieur, mais c’est mon job OK ? ». Notre gars : « Votre job ? Mais dans ce cas-là pourquoi n’aidez-vous pas mon ami ?? Il galère et vous le regardez sans rien faire !! C’est honteux ! ». Aurélien, au milieu de tout ça, ne comprenant pas très bien ce qui lui arrive, est enfin reconnu par la machine. Notre compagnon nous annonce alors qu’il est pressé et qu’il doit s’en aller, nous laissant ainsi sur place, dans l’incompréhension la plus totale. Il nous a quand même filé son numéro, au cas où nous aimerions boire un café en passant du côté de Camden, le quartier où il habite (ah ben oui, on comprend mieux maintenant). Il était loin d’être antipathique en fait, seulement hyperactif et visiblement quelque peu lunatique. Le genre de personnage incongru qu’on est content d’avoir rencontré, sauf le temps d’un vol.

Maintenant livrés à nous-mêmes, on se concentre sur notre première tâche : récupérer notre bagage en soute. On se familiarise avec les panneaux, on essaie de se repérer. Premier contact avec la langue, première immersion totale en dehors du cocon de la terre natale. On cherche comment se rendre à Londres. Nous devions à l’origine récupérer une navette Terravision à l’aéroport de Luton (là où nous aurions dû préalablement atterrir). N’étant ni sur le bon lieu, ni à la bonne heure et encore moins à la bonne date, il nous faut donc un plan de secours. On s’aperçoit que la navette National Express est prévue pour faire des trajets jusqu’à Londres, et notamment jusqu’à la gare Victoria, là où nous sommes censés nous rendre. Terrifiée à l’idée de parler anglais, je prends sur moi et demande à la dame au comptoir du National Express si la navette va bien jusqu’à la gare Victoria. La femme s’approche de moi en tendant l’oreille et en fronçant les sourcils pour entendre ma toute petite voix mal assurée, mais me comprend (ouf). Elle me répond oui et nous lui commandons deux tickets.

Grâce aux indications de l’anglaise, on repère la file des navettes facilement. La nôtre part dans 20min. Entre temps, nous sommes repérés par un Français, la quarantaine, un peu perdu et qui semble rudement content et soulagé de trouver des compatriotes. Ne parlant pas très bien l’anglais, il nous montre son billet et nous demande quelle navette il doit prendre. Il vient pour du travail. Lui aussi devait prendre l’avion depuis Lyon la veille. Nous lui souhaitons bon courage avant de grimper dans notre bus.
Et un bus…

8 h, heure locale : …un bus, hy-per confort. Sièges moelleux à souhait, chaleur, chauffeur de bus très sympa. C’est donc tout naturellement que l’on s’endort 1 minute top chrono après le départ. Au bout d’1h de sommeil, on ouvre les yeux pour commencer à admirer les charmantes habitations anglaises avec leurs petites allées, leurs briques rouges, leur colombage pour certaines. A cause des bouchons, nous mettons 2h30 à atteindre Londres.

10h30 : nous arrivons à la gare Victoria. Nous regrettons presque de quitter le confort et la chaleur de nos sièges. Mais l’aventure nous attend. Ou plutôt, nous, on l’a assez attendue. Donc c’est parti. Un coup de Google Map pour commencer (parce que oui nous sommes des glands en orientation) et on part direction l’auberge de jeunesse pour faire le check-in.

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On traverse une première rue anglaise et découvrons des bâtiments jumelés, cossus et fort élégants, avec chacun un porche, un perron, une porte vernie et des fenêtres en encorbellement. On passe devant les premières reliques du patrimoine anglais : les cabines téléphoniques rouges. Et on parvient enfin devant notre auberge, Astor Victoria. Je m’adresse au gars de l’accueil (dreadlocks et fort accent de je ne sais quoi). Il m’explique rapidement (très rapidement) le fonctionnement de l’auberge à grand coups de « Ok Guys ? » mais je ne comprends que 70% de ce qu’il me dit. J’ai tout de même l’essentiel, si tout se passe bien. Après avoir payé, il nous remet un pass pour accéder à la chambre et à l’entrée, ainsi qu’un plan des transports de Londres. Vient le moment de poser une question simple : « Auriez-vous un chargeur de téléphone à nous prêter ? ». Sauf que le mot chargeur, ben je ne l’ai pas, voilà. Du coup je panique un peu, le gars me regarde avec une totale incompréhension et essaie de déchiffrer. C’est Aurélien qui met fin à mon supplice, en ayant la brillante idée de lui montrer le connecteur de chargeur sur son téléphone. Le gars comprend immédiatement et nous déniche ce qui s’appelle tout bêtement « a cable ». Ah merci, voilà.

On découvre ensuite notre chambre. Minuscule. On remarque que les deux autres lits sont déjà occupés ; des affaires sont éparpillées sur les lits et les couettes sont chamboulées. On se libère de nos bagages et on se jette direct sur le restant de cookies que j’avais fait l’avant-veille. Et là, juste comme ça, un mec débarque torse-nu dans la pièce. Malaise. Le mec est cool et ne semble pas hyper gêné de son côté. Il est Allemand et vient voir une amie. C’est sa première fois à Londres mais son anglais est parfait. De mon côté, je balbutie vaguement quelques mots, qu’il parvient, je ne sais comment, à déchiffrer.

Cependant, on ne s’éternise pas plus : Londres nous attend.

 

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