Le quartier des Terreaux, le point de rendez-vous imposant et branché de la Presqu’île


Chapitre 1 : Les Terreaux c’est stratégique

Ou comment développer l’art d’attendre son pote…

DSC_0011Quand je peux pointer du doigt l’imposante masse ovale du toit de l’opéra, normalement c’est que j’y suis : je suis arrivée au quartier des Terreaux. Mon sens de l’orientation est (très) mauvais mais si j’ai bien deux points de repère essentiels à Lyon, c’est Fourvière, visible de presque n’importe où, et l’Opéra.

Je pense d’ailleurs que ce n’est pas que moi et que c’est un peu une généralité. L’Opéra c’est LE point de rendez-vous par excellence à Lyon. Je ne compte plus les fois où l’on m’a demandé : « on se retrouve devant l’Opéra ? » et où j’ai attendu debout Place de la Comédie à attendre un ami en même temps que les dix autres personnes autour de moi.
Dans ces moments-là, les regards se croisent et très vite, on s’identifie mutuellement comme étant dans la même catégorie de personne-qui-attend-une-autre-personne. Les codes sont vite repérables car ils suivent à peu près toujours le même schéma :

1 – la personne en question sort de la bouche de métro en observant partout autour d’elle pour repérer l’ami qu’elle doit rejoindre.

2 – une fois assurée que son ami n’est pas encore arrivé, déçue mais résignée (après tout, il faut bien que l’un des deux arrive en premier), la personne se met à faire les cent pas en marchant tooooouuuut doucement, les bras croisés ou les mains dans les poches. Certains préfèrent se risquer à s’assoir sur les marches de l’Opéra, dont le niveau de propreté déclenche systématiquement chez toute personne un tant soit peu soucieuse de son hygiène, un petit moment d’hésitation.

3- Au bout d’une petite minute, l’individu sort son smartphone pour regarder s’il n’a pas un message, puis se met à flâner sans but sur son téléphone pour passer le temps, tout en relevant la tête fréquemment, les sens en alerte, afin de guetter l’arrivée tant espérée de son ami.

Dans une ville, il y a toujours un endroit propice où tout le monde se donne rendez-vous. Et bien, à Lyon, c’est Place de la Comédie, devant l’Opéra.

Mais POURQUOI ce lieu ?

DSC_0012En fait c’est logique. Le quartier des Terraux, c’est d’abord le terminus (ou commencement, au choix) de l’interminable Rue de la République, rue du shopping par excellence. C’est à proximité directe des quais côté Rhône et non loin des quais de Saône (ceci dit, comme tout endroit sur la Presqu’île…), mais aussi tout proche de la colline de la Croix-Rousse, quartier historique et touristique. C’est d’ailleurs ici que le métro C, pour se rendre à la Croix-Rousse, commence sa ligne. Saint-Paul, quartier regorgeant aussi de bars très fréquentés par les étudiants, n’est pas bien loin non plus, juste après la traversée du pont de la Feuillée… Bref, c’est un carrefour stratégique, que ce soit pour le touriste curieux, pour l’accro du shopping, ou pour l’étudiant en quête de la pinte de bière idéale.

Et sinon, qu’est-ce qu’on trouve au quartier des Terreaux ? Et bien, la Place des Terreaux, pour commencer.

Chapitre 2 : les Terreaux c’est monumental

Ou comment se retrouver une fois de plus ébloui par l’architecture lyonnaise…

DSC_1020Moui, l’architecture du quartier est plutôt sympa ! Et c’est d’ailleurs cela qui fait le charme de tout le 1er arrondissement de Lyon. C’est un peu comme au Vieux Lyon : de multiples tendances et époques architecturales se juxtaposent. Rien que la Rue de la République, entièrement reconstruite au XIXe siècle, vaut bien le détour à elle seule.

Mais la vedette du quartier n’est nul autre que l’Hôtel de ville, reconnu comme l’un des plus beaux de France et classé au titre des Monuments Historiques depuis 1886. Construit au XVIIe siècle par Simon Maupin et reconstruit début XVIIIe suite à un incendie, le bâtiment en impose avec sa façade au style baroque et son beffroi qui domine la place. On peut y accéder de deux côtés : par l’entrée est, tournée vers l’Opéra et la Place de la Comédie, et l’entrée ouest, qui débouche vers l’intérieur de la Place des Terreaux.

DSC_1019D’ailleurs, pour en avoir vraiment plein la vue, c’est vers cette Place qu’il faut se diriger. Relativement petite, elle n’en impressionne pas moins par sa structure architecturale. Elle est encadrée par quatre blocs, dont l’Hôtel de Ville et le gigantesque et somptueux Musée des Beaux-arts qui forme à lui seul la longueur sud de la place. La façade ouest appartient à l’immeuble baptisé Massif des Terreaux, construit uniquement dans le but de faire face à l’Hôtel de ville. Enfin, le dernier bloc, au nord, est constitué de plusieurs immeubles jumelés. Si leur façade en jette beaucoup moins que celle des trois autres, les terrasses et cafés qui s’étendent à leur pied intègrent un peu de légèreté et de vie à cette place qui pourrait paraître un peu trop solennelle. Et nous voilà au milieu de ces blocs, à faire un 360° pour contempler ces façades impressionnantes, un peu perdus, un peu compressés et intimidés par ces murs imposants, mais inévitablement charmés.

DSC_1017Seulement, l’ensemble ne saurait être parfait sans son joyau, le clou du spectacle pourrait-on dire : la fontaine Bartholdi, de son vrai nom « Char de la Liberté », réalisée en 1892 par Bartholdi, le gars de la Statue de la Liberté (tout de même, je vous prie), classée elle aussi au titre des Monuments Historiques en 1995. Les Lyonnais sont carrément fiers de cette fontaine, c’est certainement l’un des premiers endroits où ils vous emmèneront si jamais vous visitez la ville avec l’un d’eux. Ce qui en soit, peut paraître assez ironique lorsque l’on sait que cette fontaine représente en vérité la Garonne, et qu’elle était destinée à l’origine à la ville de Bordeaux !

DSC_1013L’Opéra quant à lui, est plus récent. Son architecture n’est pas issue du XIXe siècle mais a été pensée pour s’accorder au reste du quartier. Les murs de l’ancien opéra ont été conservés et restaurés mais une touche plus contemporaine y a été ajoutée par la construction de la verrière semi-cylindrique au sommet de l’édifice. Le bâtiment se trouve donc à mi-chemin entre les styles contemporain et néo-classique. Original !

Chapitre 3 : Les Terreaux c’est branché

Ou l’art de rentrer chez soi à pieds à 4h du matin…

Le quartier regorge de ruelles animées, par les commerces le jour, par les bars la nuit. Quel habitant lyonnais n’a jamais partagé une bière au moins une fois dans un pub irlandais au-dessus de la Place Louis Pradel ou rue Sainte-Catherine ? N’importe quel étudiant averti à Lyon le sait : c’est la base. Il y a constamment de la vie dans ce quartier. Le jour, c’est bondé de touristes, de passants flâneurs, de clients potentiels qui viennent exprès pour faire du shopping ou se promener dans les boutiques originales du coin. Libraires en tout genre, boutiques d’art, vintage ou artisanales, salons de thé, vendeurs de DVD : il y en a pour tous les goûts et de quoi vous tenir tout l’après-midi… Sans compter les traboules qui permettent, comme dans le Vieux Lyon, de déambuler d’une rue à l’autre et qui offrent à elles-seules, un moment touristique sympathique.

DSC_1026Le soir, tout ce monde-là se dirige dans les multiples et célèbres bouchons dont le quartier regorge, dans les friteries ou fast-food, ou encore mieux, vers les cafés-théâtres, typiquement lyonnais.
C’est ensuite le moment d’aller se détendre dans les bars, puis dans les boîtes parmi les plus branchées de la ville…

La nuit, enfin, c’est toujours le dernier endroit où l’on trouve du monde, même à 3 ou 4h du matin, quand tous les bars ont fermé, que le dernier métro est passé il y a plusieurs heures et qu’il ne reste en vue plus aucun Vélo’v disponible pour rentrer chez soi (qui n’a d’ailleurs jamais vécu aussi le loupé de dernier métro et la ruée vers la station Vélo’v de l’Opéra pour avoir la chance de ne pas rentrer à pieds ?). C’est ainsi qu’on se retrouve parfois avec les derniers résistants de la nuit à errer dans le quartier à pieds pour rentrer jusque chez soi… ou à attendre le matin pour prendre le premier métro.

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Et sinon, je vous raconte ma vie…

–> Je me rends souvent dans le quartier des Terreaux pour flâner dans les petites boutiques sympas du coin. Mais surtout, le quartier regorge de chouettes adresses pour aller boire un verre, un café, bruncher ou manger un bout…

Voici quelques bonnes adresses où j’aime aller :

Un conseil : si vous pouvez, évitez les terrasses de la place des Terreaux : elles sont souvent blindées, et vous payerez cher votre repas ou votre boisson. N’hésitez pas à vous enfoncer dans les petites ruelles à l’ouest de la place, vous y trouverez tout ce qu’il vous faut et en mieux (bon, il y aura juste la Fontaine Bartholdi en moins).

–> J’apprécie beaucoup le Musée des Beaux-Arts où il est très agréable de flâner et de se cultiver. Le musée est très grand : si vous voulez le faire entièrement il faut prévoir une bonne demi-journée.

–> Je ne suis allée qu’une seule fois à l’Opéra, et ça n’a pas été le coup de foudre. L’endroit est très sombre à l’intérieur et un peu trop moderne. Même si je comprends que l’on puisse y trouver un certain charme, je n’ai pas tellement adhéré. De plus, la pièce que j’avais été voir n’était pas excellente ; il faudrait que je renouvelle l’expérience.

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En conclusion, je vous conseille tout simplement de vous balader aux Terreaux. En plus d’être un lieu de rassemblement, aussi bien festif que politique ou encore commémoratif, il y a de quoi faire du shopping, de quoi se restaurer et se désaltérer, de quoi se passionner pour ceux qui aiment l’histoire architecturale ou l’histoire de Lyon, de quoi se cultiver, de quoi se rencontrer… C’est un magnifique quartier qui offre un très joli aperçu de la ville et que je vous conseille si vous n’avez que quelques heures à y passer.

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Petit guide pratique pour se rendre au quartier des Terreaux

Il existe pas loin de huit ou neuf stations de Vélo’v dans le quartier des Terreaux, dont deux juste à côté de l’Opéra et trois autres autour de la place des Terreaux.

Pour vous rendre dans le quartier en métro, il faudra vous arrêter à la station « Hôtel de ville », que vous pouvez rejoindre grâce aux lignes A et C.

Si vous souhaitez prendre le bus, les lignes 19, C13, C14,  C3 et C5 vous y emmèneront.

Si vous venez de Bellecour à pieds, vous n’avez qu’à emprunter la gigantesque Rue de la République : les Terreaux se trouvent à l’autre bout. Vous pouvez aussi décider de passer par les petites ruelles parallèles, c’est encore plus sympa et il y a beaucoup moins de monde.

→ Je ne vous conseille vraiment pas de vous rendre au quartier des Terreaux en voiture, si vous voulez vous épargner une grosse prise de tête. Vous perdrez beaucoup de temps à chercher une place qu’il n’y a jamais. Je vous conseille de garer votre véhicule en dehors de la Presqu’île et de rejoindre ensuite le quartier en bus, tram ou métro. Si vraiment vous n’avez pas d’autres choix, il existe plusieurs parkings sous-terrain à proximité de la place des Terreaux.

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